Eusebio da Silva Ferreira dit « Eusebio »

Eusebio fut l’un des plus grands buteurs de l’Histoire du soccer. « La panthère noire » a régné de la fin des années 50 à la fin des années 70.

Eusebio grandit au Mozambique, alors colonie portugaise. L’adolescent ne commence le football qu’à 15 ans dans un club de sa ville, le Lourenço Marques, club partenaire du Sporting Lisbonne. Mais ce sont d’abord des émissaires du Benfica Lisbonne, éternel rival du Sporting, qui détectent son potentiel. A 18 ans, en 1960, il arrive au Portugal pour porter le maillot des Aigles. Dès lors, c’est une véritable histoire d’amour qui se dessine entre l’attaquant et le club lisboète ! Pour son premier match, Eusebio marque et remporte dans la foulée le titre de champion du Portugal. Ses prestations lui ouvrent les portes de la sélection portugaise en 1961.

Révélé au grand public, l’attaquant confirme sa première saison au plus haut niveau dès 1962. Le Benfica conserve son titre en Coupe d’Europe des Clubs Champions en battant le Real Madrid de Puskas en finale (5-3), notamment grâce à un doublé d’Eusebio. Malgré la perte du titre en championnat, les Aigles remportent la Coupe du Portugal. Le buteur termine à la deuxième place au classement du Ballon d’Or. La Juventus tente de le recruter et va même jusqu’à négocier son salaire. Mais Salazar, à la tête d’un régime dictatorial au Portugal, l’envoie faire son service militaire afin de l’empêcher de quitter le pays. Ériger un noir au niveau national dans un contexte fortement anti-colonialiste permet au politicien de calmer la situation au sein de l’État. Eusebio doit attendre 1965 pour enfin remporter la plus haute distinction individuelle du football. Souvent placé mais jamais vainqueur, le joueur devance cette fois Giacinto Facchetti et Luis Suarez. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, son club conserve le titre en championnat et le Portugal se qualifie pour la Coupe du Monde.

1966, le monde du football a les yeux rivés sur l’Angleterre, organisatrice du tournoi. Le Portugal fait figure d’outsider grâce notamment à Eusebio. En phase de poules, le Brésil, double tenant du titre, se dresse sur son chemin mais l’affrontement Eusebio – Pelé tourne court, le dernier nommé étant blessé suite à des fautes scandaleuses durant tout le tournoi. Finalement, le Portugal se qualifie et retrouve en quart-de-finale la Corée du Nord, sensation du tournoi. Les choses débutent bien mal pour la Seleçao qui encaisse trois buts en vingt-cinq minutes. Au fond du trou, le Portugal doit son salut à Eusebio qui inscrit un doublé avant la pause ! Devant un public en liesse, les Portugais s’imposent finalement 5-3 et retrouvent les Anglais en demi-finale. Mais les « Three Lions » sont trop forts et s’imposent 2-1, malgré un but de la pépite portugaise. Eusébio termine tout de même meilleur buteur du tournoi avec neuf réalisations. Dans la course au Ballon d’Or, il termine deuxième, une voix derrière Bobby Charlton.

Malgré la déception, Eusebio continue à collectionner les buts et inaugure le Soulier d’Or européen, récompensant le meilleur buteur de la saison sur le Vieux-Continent (1967). Il aide Benfica à remporter le championnat à plusieurs reprises mais sur la scène internationale, son club et sa sélection n’arrivent plus à briller, témoin les non-qualifications pour les Mondiaux 70 et 74. A la fin de sa carrière, il décide de monnayer son talent en Amérique du Nord et remporte le championnat des Etats-Unis en 1976 puis du Mexique en 1978. C’est à ce moment que l’infatigable buteur choisit de prendre sa retraite après plus de 600 buts inscrits. Il est décédé en 2014.

La rédaction de www.justesoccer.com

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