« Je milite pour l’obligation de passer un test médical avant de signer une licence »

La mort subite frappe des sportifs chaque année. En quelques semaines, les joueurs de soccer Davide Astori, 31 ans, Thomas Rodriguez (Tours, 18 ans), Baptiste Le Foll (12 ans, Guingamp) et Samba Diop (18 ans, Le Havre) ont perdu la vie des suites d’une crise cardiaque. Pouvait-on l’éviter? À l’heure où l’on professionnalise la formation au Québec, existe-t-il des solutions?

Le monde du soccer a basculé dans le lugubre ces derniers temps. Après le professionnel Davide Astori, décédé dans son sommeil d’une crise cardiaque, ce sont plusieurs jeunes garçons qui ont vécu le même drame. Leur point commun? Avoir joué de manière intensive au point que leur coeur a lâché. « Nous ne sommes pas sûrs de l’origine de tous ces drames, assure Emmanuel Orhant, directeur médical de la fédération française dans le journal L’Équipe. Cela peut être une infection concernant un cas mais pour la grande majorité, la trop grande intensité physique est en cause. Chez les amateurs, deux enfants, six et neuf ans, sont aussi récemment décédés sur un terrain, tout comme un adulte. On compte 500 décès dus à un problème cardiaque sur les terrains de sport chaque année en France. »

Anthony Rimasson, directeur technique du CS Longueuil, a entraîné au centre de formation de Rennes. Les problèmes cardiaques sont au coeur des préoccupations des clubs professionnels : « Les tests sont obligatoires dans tous les centres. La mort subite est une défaillance du coeur accentuée par l’effort physique. Elle est souvent due à une maladie congénitale qui n’est pas détectable. » Néanmoins, les batteries de tests permettent de déceler des anomalies cardiaques, tels les souffles au coeur, et ainsi sauver des vies. Au Québec, aucun examen n’est requis actuellement pour pratiquer le soccer, seule la carte assurance santé est requise : « Je milite pour l’obligation de passer un test médical avant de signer une licence, poursuit l’entraîneur. Il faut protéger les athlètes! Malheureusement, le système de santé est ainsi fait qu’au Québec, un tel examen serait vraiment trop cher. » Dans le monde, certains clubs demandent à un médecin de passer une soirée ou deux au club avant le début de saison afin de faire passer les visites médicales aux jeunes. Le médecin de famille pourrait aussi être une solution… Tout est une question de volonté politique.

La rédaction de www.justesoccer.com

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