Jordan Araujo : « Il faut travailler dur pour impressionner les coachs au quotidien »

La carrière de Jordan Araujo a pris un tournant l’été dernier. Le Torontois a été repéré par les dirigeants du club anglais de Brighton and Hove Albion. Aujourd’hui en Europe, le jeune milieu de terrain, 18 ans, nous livre ses impressions.

Jordan, comment votre aventure en Angleterre a débuté?

C’est mon agent Nicco Roffo qui a arrangé deux essais au Portugal en juillet dernier. Je me suis entraîné la première semaine avec l’équipe U18 de Brighton and Hove Albion puis avec les jeunes du SC Braga les jours suivants. Les deux sessions ont été un succès sur un plan personnel et sportif. J’ai été capable de montrer mes qualités et chanceux de convaincre les staffs des deux clubs. Durant mon essai avec Braga, j’ai reçu un message de Brighton and Hove Albion qui désiraient poursuivre l’essai une autre semaine en Angleterre devant les entraîneurs de leur académie. J’ai donc pris l’avion du Portugal jusqu’en Angleterre où j’ai aussi joué deux matchs contre Burnley et le Celtic.

Quelle offre vous a été faite?

J’ai signé un contrat de joueur professionnel d’un an au mois d’août. Je suis revenu au Canada trois jours pour prendre mes affaires et je suis reparti en Angleterre directement.

Quelle est la différence entre le Canada et l’Angleterre en terme de culture soccer?

Le Canada est pays de hockey où la culture du soccer professionnel n’existe pas vraiment, ce qui est l’exact opposé en Angleterre! Le soccer est un mode de vie ici, presque religieux même dans le sens où les gens suivent leurs équipes et tous les matchs. Au Canada, si tu es un bon joueur, c’est difficile d’être motivé à encore s’améliorer puisqu’il n’y a ni cheminement vers un club professionnel ou un niveau de jeu équivalent, ni recruteur venant superviser les matchs d’une semaine à l’autre. En Angleterre, le jeune peut se former dans l’Académie de son club et rêve de jouer pour l’équipe première qui évolue en Premier League ou en Division One. Il existe un développement naturel qui permet de fixer des objectifs réalistes concernant une carrière professionnelle. La mentalité « football », les ligues, les coachs, les arbitres, la compétition et les attentes sont d’un autre niveau ici.

Qu’avez-vous perçu comme différence avec le programme d’entraînement au Canada?

J’ai eu la chance de m’entraîner quatre fois par semaine à l’ANB Académie dans les meilleures conditions possibles au Canada. Cependant, ce n’est pas la même chose. En Angleterre, on est entouré par le professionnalisme où tout le monde travaille pour passer un niveau, que ce soit les joueurs, les entraîneurs ou les administratifs. L’équipe professionnelle s’entraîne à côté de nous. Nous sommes soumis à des régimes alimentaires et des programmes d’entraînements stricts. Des équipes de médecins, physiothérapeutes, entraîneurs, psychologues, directeurs techniques sont là pour contrôler nos moindres faits et gestes sur et hors du terrain. Tous les joueurs travaillent pour rejoindre le niveau suivant, pour le prochain contrat et cherchent un futur avec l’équipe professionnelle. Il n’y a aucune excuse. C’est un environnement très compétitif sans temps mort!

Avez-vous changé votre état d’esprit pour accomplir les tâches nécessaires afin de devenir professionnel?

J’ai toujours pensé que cela allait être difficile et cela s’est confirmé. La partie difficile est celle où tu dois travailler dur tous les jours pour impressionner les coachs, Tu peux être titulaire un jour et rester sur le banc le week-end suivant. C’est un métier et si tu veux durer, tu dois travailler continuellement pour progresser. Il n’y a pas de repos ou de vacances. J’ai particulièrement progressé dans ma gestion entre mon dîner et mon sommeil. J’ai amélioré mon régime, plus adapté à un athlète et je vais me coucher plus tôt afin d’optimiser mon temps de récupération.

Quel a été le plus difficile dans ton adaptation à la vie anglaise?

D’un point du vue personnel, c’était difficile par moments de ne pas être entouré par la famille et les amis. Néanmoins, je parle avec mes parents tous les jours et cela me donne du réconfort. Sur le plan soccer, ce fut la haute exigence de l’entraînement, l’environnement compétitif, le besoin de travailler quotidiennement pour progresser et le maintien de ma place dans l’équipe en tant que titulaire et joueur-clé du milieu de terrain. J’ai eu la chance de jouer la majorité du temps depuis que j’ai rejoint l’équipe mais une blessure récente m’a tenu éloigné des terrains durant sept semaines. Tout cela a été aussi difficile, comme le fait de ne pas pouvoir m’entraîner avec mes coéquipiers.

Le quotidien de Jordan : 8h-8h40 : petit-déjeuner ; 8h45-10h : école ; 10h30-12h15 : entraînement ; 12h30-13h15 : lunch ; 14h-15h : gym ; 15h15-16h30 : école.

Propos recueillis par www.justesoccer.com 

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