Le scandale des « faux agents » au Québec

Depuis plusieurs mois, des joueurs de PLSQ et même des adolescents se font promettre des essais dans des clubs européens moyennant finance. Une pratique que dénoncent François Bourgeais, entraîneur d’Ahuntsic et St-Hubert ainsi qu’Anthony Rimasson, directeur technique de Longueuil.

Le travail de formation au Québec commence à payer. Des joueurs ont rejoint l’Europe comme Zohran Bassong, Samuel Salter ou encore Charles-Andreas Brym. Forcément, beaucoup de Québécois imaginent les imiter en tentant leur chance sur le Vieux-Continent grâce à des intermédiaires ayant des relations : « J’ai reçu un appel cet hiver d’un de mes joueurs pour me dire qu’il était en Finlande, regrette François Bourgeais. J’ai discuté avec d’autres jeunes du club qui eux partent pendant une semaine à Bordeaux en mars pour 2 200$. Ils ne savent même pas contre qui ils jouent! Où vont-ils loger? Où vont-ils manger? Et leur programme scolaire? Toutes ces questions sont sans réponse la plupart du temps. Au final, est-ce de l’inconscience? Ce qui me gêne aussi est la conséquence de ma relation avec mes joueurs. Ils sont influencés par quelqu’un d’extérieur à mon staff et nous n’avons même pas pu en discuter. C’est pourtant notre projet de les amener au plus haut niveau possible! Moi même qui l’aie été, jamais je n’empêcherai un jeune de devenir professionnel! »

L’année dernière, plusieurs agents se regroupaient déjà autour de terrains PLSQ : « J’en entends davantage parler mais je ne les vois pas, poursuit François Bourgeais. Mais aucun d’eux n’est un agent FIFA, ce sont juste des intermédiaires. Je suis très méfiant car leur intérêt est juste financier. Ils mettent la pression aux jeunes pour signer rapidement quelque part alors qu’un club professionnel prend le temps de superviser un joueur avant de le faire signer. Il l’observe à plusieurs reprises car beaucoup d’argent est en jeu. Alors je le dis à mes joueurs : ‘Êtes-vous prêts à confier votre destin sportif à quelqu’un qui vous connait depuis deux mois alors que moi, je vous connais depuis des années?’ Un agent a un devoir d’accompagnement. »

Ces intermédiaires s’attaquent aussi aux adolescents : « Je vois des parents aux abois car la Coupe du Monde 2026 approche, soupire Anthony Rimasson. Les parents paient alors des fortunes à des agents prêts à tout pour l’argent , quitte à envoyer des joueurs dans des championnats mineurs. Malheureusement, on se rend compte de l’arnaque seulement quand le mal est fait. » Le directeur technique de Longueuil a constaté l’ampleur du phénomène récemment : « J’en parle lors des réunions d’équipes et je constate que déjà un ou deux joueurs ont été approchés. Ces faux-agents les contactent parfois sur les réseaux sociaux en leur promettant des essais. Ce sont des méthodes de voyous! Le vrai agent gagne une commission lorsqu’il a placé son joueur, c’est tout. »

Plusieurs joueurs ont déjà subi cette arnaque en payant un intermédiaire pour aller se confronter à des équipes régionales européennes sans aucune chance de se faire repérer par un club professionnel : « Le piège est que le Québécois annonce à tout le monde qu’il part en Europe pour dénicher un contrat mais revient tête basse et reste discret sur la réalité car c’est une honte, assure le dirigeant longueuillois. Des garçons sont venus me voir un jour pour me dire qu’ils allaient tenter leur chance en D3 portugaise, un championnat qui ne rime à rien si vous voulez devenir professionnel. De ce fait, notre crédibilité en est affectée. Il est certain que si je suis convaincu du talent d’un joueur, je vais l’amener faire un essai dans les grands clubs. Nous avons le réseau pour cela! Et ce sont les clubs professionnels qui invitent! » De plus, pour signer en Europe, il faut être au moins âgé de 18 ans ou posséder de la famille sur place.

La rédaction de www.justesoccer.com

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