Rabah Benlarbi : « J’ai fait une croix sur le soccer au Québec »

Contracté par Fabrose en 2018 pour aider le club à se développer, Rabah Benlarbi a appris officiellement la fin de son entente avec la formation lavalloise lundi matin. L’entraîneur au vécu international garde un goût amer de son expérience au Québec.

Le regard est déjà ailleurs. Plutôt loin même : « J’ai des propositions en Asie et en Angleterre. Le moral va mieux et je vais prendre une décision bientôt car certaines nations préparent les Jeux olympiques de Tokyo. » Rabah Benlarbi n’est plus technicien à Fabrose. Il a reçu sa lettre de licenciement par huissier ce lundi : « Je ne remets pas en cause la décision du club, mais plutôt les raisons et la manière de faire. Le Conseil d’administration me reproche d’avoir mis l’association en demeure de me rembourser des factures impayées et de ne pas avoir validé ma formation de directeur technique. Cette formation ne m’était pas utile puisque j’ai des diplômes UEFA bien supérieurs à celui-ci. Mais je l’ai suivie quand même. J’ai rendu le travail avec quatre jours de retard et reçu une pénalité sur la note finale qui m’empêcha d’obtenir l’examen. Conformément au règlement de Soccer Québec, j’ai été licencié, mais j’avais néanmoins droit à une reprise de mes travaux, toujours selon les lois. D’autres collègues ont eu cette opportunité et ont sauvé leur emploi. Je n’ai tout simplement pas été traité comme les autres. On a voulu se débarrasser de moi. »

En justice

Débarqué au Canada en provenance d’Asie en 2018, Rabah Benlarbi est arrivé plein d’espoir à Fabrose : « Mon projet d’immigration était d’abord familial. J’aurais pu faire n’importe quelle autre job. J’ai rejoint le club car le discours du président Yussuf Abdellahi m’avait beaucoup plu. Je devais prendre en main la direction technique pour faire évoluer la structure vers le professionnalisme. » Mais les choses ne se sont pas du tout passées comme prévues : « J’espérais quand même un peu plus de reconnaissance pour mon parcours, poursuit le technicien de 47 ans. J’ai vécu deux Coupes du Monde, deux Jeux olympiques… J’ai aussi évolué dans l’ombre de grands coachs. Je pensais qu’on allait davantage se servir de mon expérience. Mais j’ai juste ressenti de la jalousie à mon égard. Un jour, un entraîneur m’a dit : ‘Mais qu’est-ce que tu fais ici? Tu viens piquer notre place?’ Pourtant, tout se passait très bien avec les équipes que j’entraînais ainsi que les parents. Ma mission était de travailler au programme de reconnaissance des clubs et de conseiller les coachs. »

Ses projets de développement tournent courts et le récent changement de présidence à la tête du club précipite son éviction : « J’ai ressenti un management accentuant ma mise à l’écart, explique le technicien français. Je n’étais plus sollicité et on a pris des décisions dans mon dos. » Déçu de cette expérience, Rabah Benlarbi n’entend pas en rester là : « J’ai fait une croix sur le soccer au Québec mais je vais faire valoir mes droits. J’attaque en justice Soccer Québec et Soccer Canada pour leur refus de reconnaître mes diplômes alors qu’ils sont valables partout dans le monde. Des jurisprudences européennes existent dans la matière. Et je veux faire valoir la validité de mon contrat qui court jusqu’au 9 septembre 2021. »

La rédaction de www.justesoccer.com

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