Le talent français aux portes des universités d’Amérique du Nord

Clément Bompart a fréquenté le centre de formation de l’Olympique de Marseille durant cinq années. Après quelques saisons au niveau Fédéral en France, il a choisi de s’expatrier en Amérique du Nord. Désormais, ce jeune homme de 27 ans a créé son entreprise, boursesportive.com, une agence qui propose aux joueurs français de haut niveau de rejoindre les universités du Canada et des États-Unis.

Clément, comment vous est venue l’idée de créer boursesportive.com?

Après mes études, je suis parti en road-trip aux États-Unis en 2013. J’ai joué avec Portland en PDL pendant quelques semaines. Après un aller-retour en France, j’ai découvert le soccer universitaire avec Capebreton en Nouvelle-Écosse. Enfin, j’ai repris la route direction l’Ouest américain en 2014 où je me suis engagé pour Las Vegas Mobsters et Albuquerque en USL. Ces voyages m’ont permis d’avoir un aperçu général du soccer en Amérique du Nord. J’ai constaté que les entraîneurs universitaires recrutaient beaucoup mais que la formation américaine ne répondait pas à toutes leurs attentes. J’ai donc pensé à faire le lien avec la France.

Comment votre idée a-t-elle été accueillie en France et en Amérique du Nord?

Les entraîneurs universitaires savent que la formation française est de qualité. Ils m’ont accueilli à bras ouverts! En France, mon projet a plu. J’ai contacté mon ancien entraîneur à l’OM  ainsi que des joueurs que je connaissais. Après les centres de formation, beaucoup de joueurs restent dans le soccer amateur. Leur souhait est de devenir professionnel ou de réussir leurs études. Quand je montre les universités aux joueurs, ils sont toujours surpris des moyens à disposition. L’Amérique du Nord est une belle opportunité pour eux.

Quelles sont les qualités que vous recherchez chez les joueurs que vous supervisez?

Ils doivent cadrer avec un projet d’études. Jouer au soccer dans le domaine universitaire est très exigeant! Ce sont quatre à cinq entraînements par semaine auxquels il faut ajouter deux matchs par week-end en plus des études. Si la personne n’est pas prête à étudier, cela ne sert à rien de venir. Il faut afficher une envie de travailler, de progresser et de s’ouvrir à une autre culture que la sienne. Le but est d’obtenir un diplôme à la fin.

Quels sont les principaux pièges à éviter?

À Montréal, je dirai la vie nocturne. En général, il ne faut pas s’éparpiller car le rythme est exigeant. Il faut vraiment se fondre dans la mentalité de l’Amérique du Nord qui exige une grande autonomie. Même si les universités sont très accueillantes avec des infrastructures incroyables, il faut savoir se prendre en main et être apte à étudier.

Comment se déroule le recrutement?

J’organise des journées de détection. Les détails sont sur boursesportive.com. Je filme les joueurs et montre la vidéo aux entraîneurs quand ils ne viennent pas voir de leurs propres yeux. Au Québec, les universités de Laval (4 joueurs), Trois-Rivières (2 joueurs), l’UQAM (3 joueurs et 1 joueuse), Concordia (1 joueur), Sherbrooke (1 joueur) et l’UdM (1 joueur) ont recruté en France. J’ai aussi placé deux autres joueuses en Arkansas. L’un d’eux, Valentin Lamoulie, a été élu rookie of the year au Canada. Il s’entraîne partiellement avec le FC Montréal. C’est prometteur.

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