Pourquoi Marcelo Bielsa est « el loco »?

En France, la semaine a été marquée par le coup de sang de Marcelo Bielsa qui a reproché avec véhémence aux journalistes de poser les mêmes questions depuis plusieurs semaines concernant sa démission de l’Olympique de Marseille (le propriétaire avait décidé de retirer 10% de son contrat sans argument) et sa situation critique à Lille. Pour ses adorateurs autant que pour ses détracteurs, le coach argentin est « el loco » (le fou, ndlr). Voici quelques anecdotes qui justifient sa réputation.

  • Fin 1982. Le club de Newell’s Old Boys, qui représente la ville de Rosario, l’engage pour s’occuper des équipes jeunes. Marcelo Bielsa décide de diviser la province (1 890 km2) en 70 zones pour les scruter une à une. C’est ainsi qu’il découvre Gabriel Batistuta, Mauricio Poccethino et Eduardo Berizzo. Une révolution dans la politique de détection argentine!
  • Qualifications pour la Coupe du Monde 2002 en Corée. L’Argentine de Marcelo Bielsa domine outrageusement les éliminatoires de la zone AmSud. D’ailleurs, son équipe terminera première avec 43 points, soit 12 unités d’avance sur le deuxième. Avant un match contre la Colombie, il a tenu à « muscler » son discours d’avant-match pour motiver ses joueurs : « Dans les bagarres de rue, il y a deux types de mecs. Ceux qui frappent, voient du sang, prennent peur et finissent par reculer, et ceux qui frappent, voient du sang et continuent à frapper leurs adversaires jusqu’à ce qu’ils crèvent. Très bien messieurs : je viens de prendre la température du match à l’instant et je vous jure que j’ai senti l’odeur du sang. » Pour la petite histoire, l’Argentine a gagné.
  • Pour préparer la phase finale de la Coupe du Monde 2002, il avait exigé qu’on lui livre un container de 7000 cassettes afin de mieux étudier ses adversaires. L’Argentine n’a pas passé le premier tour mais le Brésil, vainqueur de la compétition, l’affirme par la voix de son sélectionneur Luiz Felipe Scolari : « J’ai cancellé mon système de jeu des Éliminatoires pour copier celui de Bielsa. »
  • Février 1992, Marcelo Bielsa est un jeune entraîneur de 37 ans qui a déjà remporté le championnat argentin avec les Newell’s Old Boys en 1990 et 1991. Mais suite à une défaite en Copa Libertadores face à San Lorenzo (0-6), des dizaines de supporters menaçants viennent à son domicile. Alors que le commun des mortels aurait appelé la police, le coach ne se démonte pas, ouvre sa porte et menace avec une grenade : « Si vous ne partez pas, je vous explose. » Efficace.
  • Usé après son mandat à la tête de l’Argentine (1998-2004), il décide de se mettre en retrait dans un couvent pendant trois mois. Sans télé ni téléphone avec uniquement des livres sur le soccer : « À la fin, je me parlais tout seul. Je crois que je devenais réellement fou. »
  • Perfectionniste, il fait travailler ses joueurs à l’entraînement. Ainsi, un attaquant peut recevoir jusqu’à 220 centres par séance afin de trouver le moment de rencontre idéal entre le joueur et le ballon en vitesse maximale. « Si le joueur ne va pas sur l’un des 220 centres, je le tue. C’est une opportunité de but qui s’envole. »
  • En 1990, Newell’s Old boys prépare un derby très important contre Rosario Central. Pour être sûr de l’engagement de ses joueurs, Marcelo Bielsa va voir son capitaine Fernando Gamboa pour lui demander : « Que serais-tu prêt à faire pour remporter le Clasico? » Le joueur répond : « Je suis prêt à me jeter la tête la première pour éviter un but. » C’est alors que le technicien montre sa main : « Je suis prêt à me couper un doigt si tu me dis que nous allons gagner! » Le match a été perdu mais le coach a encore ses dix doigts.
  • La Lazio de Rome convainc Marcelo Bielsa de se joindre à elle pour la saison 2016-2017. Le technicien remet alors une liste de joueurs à la direction du club pour le prochain mercato. Alors que son contrat est signé, il démissionne avant que la saison ne commence en raison de son insatisfaction concernant le mercato.

La rédaction de www.justesoccer.com

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