Quel supporter allemand êtes-vous?

L’Histoire de l’Allemagne s’est liée avec le soccer, pour le meilleur et surtout pour le pire. On vous explique comment.

Bayern Munich

Malgré son nom (Bayern signifiant Bavière), le club est né grâce à la volonté de joueurs de différents coins du pays et même des Juifs Allemands. L’influence juive était majeure dans la structure si bien que l’association fut baptisée « Club des Juifs ». En 1900, le football est un sport réservé aux classes moyennes à tendance élitiste. Certains jouent même avec une cravate. Les sports « nationalistes » comme la gymnastique sont réservés aux Allemands « patriotiques ». En 1933, les Nationaux-Socialistes prennent le pouvoir. Le Bayern de Munich voit ses joueurs d’origine juive remplacés par d’autres « 100% Allemands ». Le club est « aryanisé », les Juifs, soit une bonne partie de la structure, doivent quitter le club, même si certains de leurs coéquipiers tentent de les protéger. La plupart des joueurs est envoyée au front durant la deuxième Guerre Mondiale. Par la suite, le club doit faire face à une crise économique et compte sur ses jeunes pour rebondir. Parmi ces espoirs figurent Franz Beckenbauer, Sepp Maier et Gerd Muller. Dès les années 60, le club revient au premier plan pour vivre une période dorée et s’affirmer comme l’un des plus grands clubs d’Europe. Durant les années 2000, il est surnommé aussi « FC Hollywood » dû à la surmédiatisation de ses stars.

Munich 1860

Le TSV Munich 1860 est avant tout un club omnisport avant la création officielle de la branche football en 1899. En 1848, la monarchie bavaroise avait interdit le club le qualifiant « d’institut de contamination morale ». Le club possède de bons résultats durant les années 20 dans un championnat régional comptant une multitude d’équipes munichoises. Après l’arrivée au pouvoir des Nazis en 1933, il souffre moins de l’aryanisation des équipes puisque les Juifs sont moins nombreux qu’au Bayern. La rivalité avec le Bayern s’intensifie après-guerre. Les deux clubs sont les plus puissants de la région. Dans les années 60, la Bundesliga naît sous sa forme actuelle. Même si la rivalité sportive s’est éteinte suite au déclin de Munich 1860, l’histoire retiendra qu’il est le premier club munichois à avoir remporté le premier championnat national.

Borussia Dortmund

Dans une région industrielle comme la Ruhr, ce sont forcément des ouvriers et des mineurs qui ont créé le club de football. Ces jeunes hommes en ont assez de jouer sous la responsabilité de l’Eglise, qui regarde le football d’un mauvais œil. Borussia est nommé plus ou moins par hasard en 1909. Il signifie « Prusse » en latin mais c’est aussi le nom de la bière servie au coin de la rue. Les succès sont mitigés et le club frôle la banqueroute en 1929 après que les dirigeants choisissent de payer des joueurs. Le club est endetté mais survit grâce à un riche supporter local. Dans les années 30, le club fait un virage important. Le président du club est mis à l’écart par les Nazis après qu’il ait refusé de rejoindre le parti Hitlérien. Des membres du club, coupables de distribuer des pamphlets anti-Nazis, sont exécutés. Les fascistes réorganisent le club qui possède désormais une des équipes les plus fortes d’Allemagne. 80% des joueurs sont des soldats. A la fin de la deuxième guerre mondiale, le club est dissous pour bien mettre ses distances avec l’ère nazie. Après quelques succès dans les années 60, le BVB devient l’un des principaux clubs d’Allemagne dans les années 90 pour devenir dès la décennie suivante le principal rival du Bayern.

Schalke 04

Comme le Borussia, Schalke 04 a été créé par des ouvriers au début du siècle dernier. La Ruhr attire des travailleurs étrangers qui rejoignent le club de Gelsenkirchen. Ainsi, l’équipe éprouve quelques difficultés à se faire accepter par la fédération de l’époque ; le football est un sport plutôt bourgeois. Le public répond rapidement présent et les résultats en tardent pas à arriver dans les années 20. Mais lors de la saison 1930-31, le club est banni car il paye ses joueurs. A l’arrivée des Nazis au pouvoir, Schalke 04 entre dans une période trouble. Olivier Kruschinski, membre du groupe des supporters du club, explique : « Sur des photos de l’époque, on voit nettement des dignitaires nazis des croix gammées sur le torse. » Soit, les Nazis avaient supprimé la direction du club, qui penchait à gauche, pour faire de Schalke le modèle ouvrier national-socialsite gagnant. Hitler n’appréciait pas particulièrement le football mais il avait compris que ce sport pouvait endormir les foules et l’aider à poursuivre sa domination sur le pays. Goebbels avait expliqué à Hitler : « Gagner un match est plus important pour le peuple que la prise d’une ville à l’Est. » Ainsi, Schalke remporte quatre championnats et une Coupe de 1934 à 1942. L’après-guerre est difficile à gérer mais le club retrouve la gloire avec une victoire en championnat en 1958. Durant les décennies suivantes, la rivalité contre le Borussia est devenue plus intense pour des raisons géographiques. Désormais, chaque match les opposant devient le derby de la Ruhr. Le club est désormais sous la propriété de Gazprom, géant gazier russe.

Hertha Berlin

Hertha est le club de la capitale qui évolue au plus haut niveau. Situé à l’Ouest de la ville, il peine à remplir les 77 000 places de l’Olympiastadion. Il représente les classes riches de la ville. D’ailleurs le stade est basé à Charlottenburg, quartier cossu de la ville.

Union Berlin

L’histoire de l’Union commence comme beaucoup de clubs à Berlin. Les joueurs sont surnommés « Les mécaniciens » à cause de leur tenue bleue. Dans les années 30, le club réalise de bons résultats mais doit se réorganiser après la construction du mur de Berlin en 1949. Les joueurs de l’équipe première partent en RFA et remplit les stades tandis qu’en RDA l’équipe était jugée trop faible. Après des reprises ratées par diverses entreprises, le club se fait appeler Union Berlin en 1966 par la Fédération. En RDA, le club est soutenu par les syndicats mais ne joue qu’un rôle mineur par rapport à son rival le Dynamo Berlin, club du ministère de l’Intérieur et de la Stasi. Encore aujourd’hui, des incidents ont lieu lors des matchs entre ces deux équipes. Aujourd’hui, l’Union évolue au mieux en deuxième division mais dénote franchement par rapport à l’ère du football business. Le stade a été rénové par 2500 fans bénévoles qui ont aussi financé les travaux et le club affirme la volonté de ne payer aucun transfert. 80% des places sont debouts et l’ambiance est permanente. L’antagonisme avec le riche Hertha est réel mais les confrontations se déroulent dans un très bon esprit et la présence policière est marginale.

La rédaction de www.justesoccer.com

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