Real Madrid – FC Barcelone : une crise identitaire

Madrid et Barcelone se détestent depuis un siècle. Le football est une raison de plus pour exacerber les querelles entre les deux clubs. Sauf qu’ici, c’est plus que du sport.

Des raisons politiques – Première révolution industrielle. Barcelone est une ville et un port au dynamisme intéressant. Des ouvriers du monde entier viennent y travailler. Le football est en plein essor mais le seul club local, le Gimnasio Tolosa, n’accepte que des joueurs espagnols. Ainsi, onze hommes, Anglais, Suisses et Allemands, décident de créer le FC Barcelone en 1899. Du côté de la capitale, le roi Alphonse XIII se passionne pour la Coupe de football disputée en l’honneur de son couronnement. Il décide de donner l’onction royale au FC Madrid qui devient le Real de Madrid en 1920. Rapidement, les supporters catalans soutiennent le Barça pour ses résultats d’abord mais ensuite et surtout pour des raisons politiques, revendiquant l’indépendance de la Catalogne. Chaque rencontre entre les deux équipes est source d’affrontements entre les indépendantistes et le club du Roi.

La dictature franquiste – Arrivé au pouvoir à la fin des années 30, le général Franco attache peu d’importance au football. Pourtant, il se rend compte rapidement qu’il peut se servir de la popularité de ce sport pour asseoir sa dictature jusqu’en 1975. Ainsi, il supporte le Real Madrid, club le plus important de la capitale. Il estime que chaque victoire face au Barça, peu importe la manière, est une preuve de sa supériorité. Le club catalan, lui, est devenu le symbole de l’anti-franquisme. En 1968, Narcis de Carrerra, président de l’époque, affirme que le FC Barcelone est « plus qu’un club » (« Mes que un clube »), en référence à l’identité catalane très forte de l’institution. Les deux clubs se disputent les trophées nationaux voire européens.

Guerre d’identité – L’ère de Franco terminée, les deux clubs se détestent toujours autant. Le Real Madrid représente le pouvoir en place et le FC Barcelone, la Catalogne indépendante. Cette dernière est considérée comme une locomotive économique du pays et la situation financière précaire de l’Espagne pousse les indépendantistes à se faire entendre encore plus fort.