Les clubs français en Coupe d’Europe : les raisons du malaise

Les clubs français ne brillent pas en Coupe d’Europe. Le constat est sans appel et devient même franchement inquiétant. La semaine dernière encore, le LOSC, cinquième du dernier championnat, s’est incliné contre Qabala, modeste club azéri, en tour préliminaire de l’Europa League. La Ligue 1 est-elle devenue une compétition de seconde zone?

L’argument financier ne tient plus. Longtemps avancé comme étant la principale cause de l’échec de Lyon, Saint-Etienne ou encore Marseille sur le plan européen, l’argent ne justifie plus les prestations incroyablement faibles des écuries françaises. Il est vrai que toutes, sauf le PSG voire Lyon, sont obligées de vendre leurs meilleurs éléments pour survivre économiquement. Cet argument pourrait prévaloir contre les ténors européens mais face aux équipes de seconde zone, cela fait désordre. Lors des deux dernières saisons, aucun club français n’a su se qualifier pour les huitièmes de finale de l’Europa League! Depuis 2007-2008, dix pays ont placé au moins un club en demi-finale de la compétition… la France n’en fait pas partie. Comment expliquer un tel désastre?

« Le goût de l’effort est moins prononcé à l’entraînement »

La formation à la française, est-elle encore crédible? Anthony Rimasson, directeur de la formation et entraîneur de Longueuil au Québec, a travaillé aux centres de formation du Stade Rennais, du Stade Brestois et du Benfica Lisbonne. Pour lui, le savoir-faire français est encore d’actualité : « C’est un système qui a fait ses preuves. Encore aujourd’hui, les clubs anglais et espagnols achètent des jeunes joueurs talentueux à bas prix. » Le technicien pense que le problème est d’abord lié au calendrier : « Les tours de qualification arrivent tôt dans la saison. Les préparations physiques sont tronquées, les joueurs ne sont pas prêts. L’élimination de Lille la semaine dernière vient certainement de là. L’Europa League n’est pas une priorité au stade des qualifications. C’est aussi un problème intrinsèque à chaque équipe. Par exemple, le Brésil qui vient de concéder le nul 0-0 contre l’Irak aux Jeux olympiques. »

Longtemps considérée comme le cinquième meilleur championnat européen, la Ligue 1 régresse. D’ailleurs, les championnats portugais et russe sont à l’affût pour lui passer devant au classement des coefficients européens. Ce malaise est-il uniquement lié à la France? « C’est vrai que le goût de l’effort est moins prononcé à l’entraînement chez certains joueurs. Ce n’est pas la majorité mais ça existe, poursuit Anthony Rimasson. On ne s’entraîne pas à 100% afin d’arriver le plus frais possible en match. Chez les jeunes, deux entraînements par jour peut être considéré comme intensif. Enfin, il faut que les exercices plaisent. On est plus basé sur le jeu. » Une mentalité est-elle à revoir? « En Angleterre, on joue à l’entraînement pour gagner alors qu’en France, certains demandent le score à la fin de l’exercice. » Révélateur.

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