Une ligue européenne privée pour relancer le suspense des championnats?

L’idée date du début des années 2000. Les grands clubs des championnats anglais, allemands, français, espagnols et italiens proposaient le projet de se réunir dans une ligue privée. Purement financière au départ, cette initiative prendrait un tout autre sens aujourd’hui pour plusieurs raisons.

Le suspense – En France, le PSG remporte le championnat et les coupes nationales depuis 2013. Aujourd’hui encore, le club parisien compte huit points d’avance sur son dauphin avec dix victoires en dix matchs. Même scénario en Italie où la Juventus remporte le Calcio depuis 2012. Pareil en Allemagne avec le Bayern de Munich, en Espagne avec Barcelone ou le Real Madrid. En Angleterre, Manchester City, Liverpool et Chelsea se concurrencent, rendant la compétition plus intéressante mais sans réelle surprise hormis Leicester en 2016.

Un talent centralisé – Respectant une logique économique, les meilleurs joueurs ont rejoint les plus grands clubs  qui laissent des miettes à leurs concurrents. Pour preuve, la liste des candidates au Ballon d’Or. En 1992, quelques mois avant l’arrêt Bosman, 22 joueurs étaient nominés et représentaient 16 clubs dans 8 championnats. En 2018, 30 joueurs prétendent au trophée et sont dispersés dans 10 clubs de 4 championnats! Ces mêmes clubs sont continuellement présents ces dernières années et toujours qualifiés pour la Ligue des Champions.

Une inflation persistante – Michel Platini avait rejoint Saint-Etienne pour 2 millions de francs en 1979 ; Diego Maradona à Barcelone pour 7,3 millions de dollars en 1982 ; Marco Van Basten au Milan AC pour 8 millions de francs en 1987 ; Chris Waddle à Marseille pour 45 millions de francs en 1989 ; Ronaldo à Barcelone pour 18 millions d’euros en 1996 (118 millions de francs) ; Ronaldinho à Barcelone pour 27 millions d’euros en 2003 ; Anthony Martial à Manchester United pour 50 millions d’euros plus 30 millions d’euros de bonus… Combien coûtera MBappé? De quelques millions d’euros auparavant, un bon joueur vaut aujourd’hui plus de 10 millions d’euros minimum. Les paiements sont aujourd’hui échelonnés sur plusieurs saisons et les effectifs des autres équipes sont composés de joueurs moyens, cherchant à se révéler ou essayant de se relancer.

Un plan de carrière – L’amour du maillot n’existe plus et ce n’est pas un scoop. Désormais, c’est la course au gros contrat si bien que tout club n’étant pas en Ligue des Champions régulièrement est juste un tremplin pour rejoindre une plus grosse écurie. La Ligue Europa est considérée soit comme une occasion de se montrer pour les joueurs, soit comme une surcharge du calendrier par beaucoup d’entraîneurs dont certains n’hésitent pas à aligner leur équipe réserve avant les quarts de finale.

La rédaction de www.justesoccer.com

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