Coupe du Monde 2022 : la plainte contre la FIFA concernant les conditions de travail des ouvriers rejetée

La cour de justice de Zurich a rejeté ce vendredi la plainte de plusieurs syndicats contre la FIFA. Les organismes reprochent au patron du football mondial les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers de la Coupe du Monde 2022 au Qatar où plusieurs travailleurs sont déjà décédés. Liesbeth Zegveld, avocate du syndicat FNV et spécialisée des Droits de l’Homme, a répondu à nos questions.

Liesbeth, quel est votre sentiment à l’annonce du verdict?

C’est une déception. Le jury a rendu son jugement sur des formalités. Nous avons l’impression de ne pas avoir été entendus. Nos arguments n’ont pas été pris en considération. La cour estime que la FIFA n’est pas en charge du déroulement des travaux, mais plutôt le Qatar. En résumé, on nous a fait comprendre que nous n’étions pas à la bonne adresse. Pourtant, c’est la FIFA qui est sur le terrain et qui supervise les travaux. Elle est donc en charge des conditions de travail et de faire respecter les consignes de sécurité au Qatar. Mais on savait que ce dossier était compliqué : la FIFA est un joueur puissant et génère beaucoup d’argent avec la Coupe du Monde. Le fait que le jugement soit rendu en Suisse, le pays où siège la FIFA a pu aider. Je ne dis pas que la cour a été influencée mais les formalités ont eu leur rôle. Le fait que le jugement ait été rendu en trois semaines montre que le tribunal ne voulait pas prendre en charge le verdict.

À quel point est-ce dangereux de travailler au Qatar?

Cela dépend des chantiers. Si vous travaillez devant le public, tout va bien. Mais sur les plus petits chantiers, les conditions sont mauvaises, on le voit sur les images. Le gros problème est que l’ouvrier n’est pas libre. Lorsqu’un accident arrive, le travailleur ne peut pas aller voir le docteur si l’employeur l’en empêche. Il n’y a aucune assurance maladie et on ne peut pas changer d’employeur. L’été, la température atteint les 50 degrés! Les employés sont coincés. La cadence est « travailler, dormir, travailler, dormir ». C’est de l’abus manifeste!

Qu’allez-vous faire désormais?

On ne baissera pas les bras! Nous allons faire appel et continuer à nous battre. La cause est trop importante et le message qui y est lié aussi!

Propos recueillis par www.justesoccer.com

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