George Weah, le nouveau miracle du Liberia?

Près de deux siècles après sa création, le Liberia a confié son tumultueux destin à George Weah (sa biographie de joueur ici), élu Président de la République la semaine dernière. L’unique Ballon d’Or africain, ancien joueur de Monaco, du PSG et du Milan AC, a promis « du changement » dans le quotidien de ses concitoyens. Retour sur une situation d’un pays confronté constamment à plusieurs drames.

Des conflits dès sa création – Au début du XVIIIe siècle, une société américaine de colonisation débarque des esclaves noirs libérés en Afrique occidentale pour créer le Liberia. Ces derniers occupent directement l’élite du pays alors qu’ils ne représentent que 5% de la population totale. Des tensions naissent rapidement avec les Autochtones, condamnés aux travaux forcés jusque dans les années 30 et interdits de vote jusqu’en 1946.

La guerre – Lassés par la maîtrise du pouvoir des Americano-Liberiens, les Autochtones prennent le pouvoir par la force en 1980. Samuel Doe devient président et installe une dictature favorisant son ethnie d’origine ainsi que la corruption mélangée au soutien des États-Unis. Sa popularité est en chute libre et une révolte éclate en 1989. Il est assassiné en 1990 et plusieurs chefs de guerre, à la tête de factions, prennent les armes. Les morts se comptent par milliers durant cette première guerre civile. Finalement, des élections sont organisées et Charles Taylor, ayant des origines afro-américaines, est largement élu avec 75% des voix en 1997. À son tour, il instaure un régime autoritaire et supprime progressivement les libertés individuelles. La résistance s’organise mais le gouvernement en place fait taire toute opposition en fusillant soldats et civils suspectés d’oeuvrer contre lui. Face aux pressions nationales, internationales et un embargo économique, il démissionne en 2003. Durant seize années de guerre, le conflit a engendré 250 000 morts.

Une situation qui se stabilise – Après une période de trouble, Ellen Sirleaf remporte les élections présidentielles en 2005 devant George Weah. La première femme élu Chef d’État en Afrique réussit à maintenir l’ordre dans le pays grâce à l’ONU et à des rapports avec l’opposition devenus plus sains. Des travaux sont effectués pour rétablir l’eau courante dans plusieurs provinces et améliorer l’état des routes. Néanmoins, le chômage et la pauvreté sont toujours d’actualité. Après deux mandats, la Présidente, corécipiendaire du Prix Nobel de la Paix en 2011, n’a plus le droit de rester au pouvoir.

Le programme de George Weah – Idole d’une jeunesse désabusée, George Weah véhicule une image positive dans toutes les couches sociales du pays grâce à son parcours de joueur de soccer. Sénateur, il a promis d’aider les classes défavorisées s’il accédait au pouvoir. L’enfant d’un bidonville de Monrovia assure qu’il fera encore mieux que sa prédécesseure. Ses priorités sont l’Éducation (le système scolaire est privatisé) et la Santé avec des financements permettant de mieux équiper les hôpitaux. La gestion de la crise d’Ebola (de 2014 à 2016) avait notamment jeté un discrédit sur l’ancien gouvernement qui avait mis en quarantaine certains quartiers. Même s’il est critiqué par la légèreté de son programme, George Weah pourrait permettre à son pays de réaliser un nouveau pas en avant s’il tient ses promesses.

La rédaction de www.justesoccer,com

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