Paul-Claude Bérubé : « Montréal, une bonne idée pour la Coupe du Monde 2026 »

Paul-Claude Bérubé représente le Québec au Conseil d’administration de Soccer Canada. Présent à l’intronisation de Patrice Bernier samedi soir à Laval, il a dévoilé la situation actuelle du Canada, et plus précisément de Montréal, concernant la candidature pour la Coupe du Monde 2026.

Monsieur Bérubé, quel est le premier argument du Canada au moment d’officialiser sa candidature pour l’organisation de la Coupe du Monde 2026?

Nous avons déjà fait nos preuves lors de la Coupe du Monde féminine en 2015 et celle des U20 en 2007. Le Canada devient de plus en plus une nation de soccer. On veut aussi montrer qu’il n’y a pas que le hockey dans notre société.

Pensez-vous qu’organiser une Coupe du Monde serait l’occasion de développer davantage le soccer au Canada?

Oui, absolument! Les statistiques le disent : depuis les 40 dernières années, le pays organisateur a eu un impact positif sur le nombre de membres inscrits dans les activités soccer en clubs ou en ligues.

Le Canada a-t-il profité quand même de la Coupe du Monde aux États-Unis en 1994?

Très peu au Canada. Mais l’impact fut énorme aux États-Unis! Avant 1994, les clubs subvenaient à leur besoin grâce à leurs athlètes et au gouvernement fédéral. Lors de la Coupe du Monde, des commanditaires majeurs sont venus financer l’événement. Ensuite, ces derniers ont suivi les équipes américaines. À partir de ce moment-là, les programmes de financement étaient montés et l’indépendance financière est devenue réalité.

L’indépendance financière, est-ce l’objectif de la Coupe du Monde 2026?

Tout à fait! La Coupe du Monde 2015 féminine a engendré des revenus considérables. Nous avons investi l’argent dans de meilleurs programmes nationaux d’entraînement et de développement de joueurs. D’ailleurs, nos équipes nationales devraient en tirer avantage prochainement au classement mondial. Notre formation féminine est cinquième alors que la masculine est 94e. On sait que l’on devrait figurer parmi les 50 premiers.

Pourquoi Team Canada masculin est si bas au classement?

Peut-être faudrait-il demander cela à un directeur technique mais selon moi, nous avons négligé le développement de joueurs canadiens pendant plusieurs années, malgré plusieurs entités professionnels. On a préféré embaucher des joueurs venant d’un peu partout sur la planète au détriment des Canadiens. Lorsque des joueurs n’ont pas l’opportunité de jouer à un niveau professionnel voire semi-pro, on les perd à 18, 19 ou 20 ans. Tous ces jeunes que nous n’avons pas su développer auraient été utiles pour notre équipe nationale. Pour bénéficier de 23 à 24 joueurs d’envergure internationale sur le terrain en tout temps, il faut développer 100 joueurs. Si vous développez 25 joueurs, il est certain que vous allez avoir des problèmes. C’est ce qu’a rencontré le Canada. Il faut un mélange d’expérience et de jeunes joueurs dynamiques pour performer. Pour le moment, nous avons une moyenne d’âge dans la basse vingtaine. Les joueurs sont très bons techniquement mais nous aurons des résultats plus tard. Et bien meilleurs que ces 40 dernières années!

À quel stade êtes-vous concernant la candidature pour l’organisation de la Coupe du Monde?

Nous avons déposé notre lettre d’intention conjointement avec le Mexique et les États-Unis. La candidature sera déposée en mai 2017. Nous serons officiellement déclarés en mai 2018 et la décision sera prise en juin 2018. Cette initiative commune a été accepté exceptionnellement car normalement un seul pays organisateur est autorisé. La seule contre-vérité s’est déroulée en 2002 avec l’organisation de la Coupe du Monde par la Corée du Sud et le Japon. La raison est l’augmentation du nombre de qualifiés. Il faudra recevoir 48 équipes en 2026! Cela signifie 80 matchs, la nécessité de 12 stades de 40 000 places et plus. Il faut ajouter 48 terrains d’entraînement aux normes FIFA. À l’heure actuelle, seuls la France, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis peuvent recevoir l’événement en solo. Même le Mexique et le Brésil ne peuvent plus!

La Coupe du Monde à Montréal, c’est possible?

Oui, mais il faut une rénovation du Stade olympique. Sans entrer dans les détails, l’enceinte ne répond pas actuellement aux normes FIFA. D’abord, il faut du gazon naturel. Ensuite, l’éclairage d’un stade fermé est particulier. Il faut aussi penser au son, à la sécurité des joueurs concernant la proximité du public, l’arrivée au stade des officiels, des médias, des VIP… Cela représente un cahier des charges d’une centaine de pages! Mais le Stade olympique a été désigné parmi les lieux potentiels. De plus, Montréal est facile d’accès et bénéficie d’un environnement ainsi que d’un réseau de moyens de transport intéressants.

Propos recueillis par www.justesoccer.com

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