As Leones (futsal) : Les coulisses d’un « projet de quartier »

À l’approche de cette nouvelle saison de futsal, la PLFQ dévoilait la liste des équipes retenues dans la conférence du Grand-Montréal. Première constatation du côté masculin, la ligue réduisait son nombre à 10 équipes contrairement aux 12 de l’année précédente. Parmi les nouvelles têtes d’affiches, on y retrouvait l’AS Leones qui était, jusqu’à samedi dernier, une équipe inconnue.

L’AS Leones est un projet né en même temps qu’une amitié entre deux passionnés de futsal : Mamadou Barry et Adam Sawmali. Au départ, ils sont tous deux entraîneurs au niveau scolaire et bien qu’ils aient étudié au même Cégep, leur route ne se croise jamais jusqu’au moment d’une première rencontre à l’Université. La suite des choses semble être tracée dans le ciel. Ils s’unissent pour former un duo au sein de la RSEQ à l’école secondaire Évangeline pour finalement se lancer vers un projet plus gros : la PLFQ. “On trouvait ça dommage qu’après la saison juvénile, on n’ait rien à offrir aux joueurs qu’on forme depuis des années alors l’AS Leones, c’est une façon de garder les jeunes à la maison.”, explique Mamadou Barry. C’est donc avec cet effet de surprise que ce club, qui porte le lion pour emblème, fait son apparition dans la cour des grands sans vitrine dans une ligue régionale ou encore en LF5E. La seule et première fois où ce nom a été entendu est en janvier dernier lors du tournoi futsal des Patriotes, événement organisé annuellement par l’équipe masculine de soccer de l’UQTR afin d’amasser des fonds. Ils se présentent avec une équipe alignant des joueurs de moins de 20 ans et obtiennent des résultats plus que satisfaisant en quittant Trois-Rivières avec une fiche de 3 victoires et 1 défaite. Certes, ce tournoi fût leur première apparition, mais bien que les apparences puissent laisser croire que ce fût l’élément déclencheur qui les tenta vers la PLFQ, elles sont trompeuses. En effet, les entraîneurs de l’équipe avaient déjà eu une rencontre quelques semaines auparavant avec Elom Defly, coordonnateur aux compétitions, afin de montrer leur intérêt pour la saison suivante.

Au-delà du projet futsal, cette association sportive a pris forme à partir d’un plan entrepreneurial et d’une structure administrative impliquant aussi deux autres membres à l’addition des entraîneurs : IlyassNajem et Hamza El Haoud. Afin d’avoir les ressources nécessaires pour que les joueurs évoluent dans les meilleures conditions possibles, ils se sont ensemble lancés en affaire avec la création de l’AM Sports, une boutique en ligne vendant des articles de soccer et de futsal. Par le fait même, ce commerce est devenu le commanditaire premier permettant de soutenir l’AS Leones. L’objectif est simple : faire vivre le plus d’expériences possibles à leurs jeunes en s’assurant de diminuer les coûts au minimum. “On a beaucoup d’idées pour l’avenir, mais notre priorité est de solidifier la première équipe parce que c’est la pointe de notre iceberg.”, ajoute Barry. Bien que leur plan d’actions indique un avenir prometteur pour ce club, les dirigeants prônent la transparence envers leurs joueurs. “Les gars nous respectent parce qu’à aucun moment, nous leurs avons vendu du rêve et ils savent que ce respect est mutuel”,  confie Sawmali.

« Finir dans le top 5 »

A l’aube de leur première saison PLFQ, ils dévoilent leurs ambitions : “Nos joueurs ont cette mentalité de toujours vouloir gagner. On est déçu du premier résultat parce que tout s’est joué sur des détails et je crois qu’on méritait un meilleur sort”, raconte Adam Sawmali, qui est appuyé par son acolyte en utilisant le terme “match d’expérience” pour décrire leur défaite de samedi dernier contre l’Albiceleste. Pourtant, cette première rencontre ne les freine pas dans leur vision à court terme parce que malgré tout, l’objectif reste que le groupe termine dans la première moitié du tableau. En écrivant le premier chapitre de cette histoire, les hommes de l’AS Leones sont conscients qu’il sera difficile d’affronter des piliers de la PLFQ comme le Sporting Montréal ou le FC Sparte. Cependant, même s’ils respectent tout autant les autres équipes, ils sont confiants qu’ils pourront causer plus d’une surprise.

C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que le co-capitaine, Ange Boris, parle des ambitions de son équipe. “On vise peut-être le top 5, mais selon nos résultats et si on est capable de surprendre, pourquoi pas viser le top 3?” L’ancien du FC Grenadiers ne cache pas son enthousiasme face au projet, même s’il est conscient que le chemin peut être long avant d’être couronné champion de la conférence. “Le groupe est constitué de jeunes qui sont habitués de gagner alors on manque peut-être un peu de maturité, mais les entraîneurs sont là pour nous aider à garder le focus sur notre but”, dit-il tout en soulignant qu’il n’a pas hésité à joindre le projet lorsqu’on lui a expliqué en quoi cela consistait. “L’AS Leones c’est un projet du quartier. C’est une équipe bâtie par nous mais surtout, pour nous”, renchérit Boris.

Une chose est assurée : peu importe ce que les statistiques diront sur l’AS Leones lors de la conclusion de cette première saison en PLFQ, leur structure est suffisamment solide pour perdurer dans ce réseau. Les hommes derrières cette équipe sont dévoués envers un projet principal, tout en le solidifiant avec des projets parallèles, mais sont surtout estimés par les jeunes qui, eux, ont décidé de s’affilier fièrement à une entité. Leur dernier souhait? “J’espère simplement que dans quelques années, les joueurs qu’on a coachés reviendront jouer à la maison”, conclut Mamadou Barry.

2e journée de PLFQ

Les matchs ont lieu samedi au Sportxpo, 2890, boulevard Dagenais Ouest, Laval

AS Leones – FC Grenadiers, 15h

Gunners FC – Cinque Stelle, 16H15

Phenix Montréal – Albiceleste, 17h30

Sporting Montréal – Juve United, 18h45

Lusitano – Sparte FC, 20h

Texte et photo : Audrey Magny

Autres articles intéressant

Les transferts PLSQ maculine 2019
John Bellini (FC Lanaudière) : « Une identité lanaudoise en PLSQ »
Daivy Makunza (Longueuil) : « Beaucoup d’événements racistes passés sous silence »