PLSQ féminine : une première année compliquée !

Entre le statut et le nombre de joueuses par équipe, le départ de ces dernières en universitaire et les critères d’adhésion, les débats ne manquent pas en PLSQ féminine. Parmi les mécontents, les Lakers de Lac St-Louis.

La scène était saisissante au stade du Bois-de-Boulogne une dizaine de jours auparavant. Alors que le match entre Monteuil et Lac St-Louis venait de démarrer, des U17 venaient en courant rejoindre leur banc respectif après avoir déjà joué 90 minutes. Georges Tissot est déçu. Le directeur général de l’ARS Lac St-Louis s’attendait à autre chose lorsqu’il a inscrit une équipe en PLSQ féminine : « Notre principal souci est de développer les meilleures joueuses de notre région et de leur donner d’autres débouchés. C’est pour cela qu’on a tenu à participer à cette ligue. Quand je vois que nous possédons des joueuses dans Team Canada et notre member-ship féminin, on n’a pas le droit de ne pas s’y inscrire, c’est notre devoir! Mais dans l’état actuel des choses, la ligue ne peut pas survivre. Entre le statut des joueuses, leur nombre, les réservistes et les règlements de Soccer Canada, il a fallut se battre avec la Fédération du Québec pour assouplir les lois. J’ai l’impression que la FSQ n’a pas conscience de la réalité du terrain. » En cause, par exemple, l’exigence de contrats, une billetterie et un stade pouvant contenir jusqu’à 1000 places : « Les dirigeants veulent considérer la PLSQ féminine comme une semi-professionnelle, mais on n’y est encore loin!, poursuit le dirigeant. On a offert à nos joueuses la tenue, de l’eau et des bananes. Tout le reste est à leurs frais et elles n’ont aucun salaire! On est parti avec zéro budget! »

Le timing de départ est aussi mis en cause par le patron de Lac St-Louis : « Tout s’est décidé très tard. On n’était pas prêt à se lancer dans cette ligue. » Le dirigeant aurait préféré qu’un club de sa région puisse prendre ce projet : « C’est plus facile pour eux de mobiliser les bénévoles, les joueurs et éducateurs. Mais je ne peux pas blâmer des personnes qui refusent d’inscrire une équipe en raison du budget colossal que cela représente. »

Si bien qu’aujourd’hui, les Lakers mettent leur participation à une deuxième année sous conditions. Georges Tissot explique : « La première est qu’un club reprenne le relais. On mettra le même budget que nous octroyons à l’équipe masculine de Mont-Royal Outremont pour l’appuyer. Si aucun club ne se manifeste, on devra dégager un budget à la région pour éviter que le staff ne travaille bénévolement. De plus, nous voulons que la Fédération du Québec réajuste ses principes de fonctionnement. C’est le principal reproche que nous lui faisons : ne pas s’être adaptée aux demandes du marché. »

Helder Duarte, directeur sportif du Dynamo de Québec, est quant à lui satisfait de cette première saison même s’il reconnait des difficultés : « Tout s’est fait un peu tard et nous n’avons pas pu faire de camp d’entraînement mais on le savait. C’était une première année avec des ajustements à faire. On a su gérer nos problèmes d’effectifs mais l’idéal serait de prendre un pool de seize joueuses avec sept réservistes nommées qu’on pourrait prendre n’importe quand dans les équipes AAA. » Du côté de l’ARS Rive-Sud, l’entraîneur Marcelo Corrales est lui aussi content de cette année : « On a eu des surprises mais la Fédération a fait les ajustements nécessaires. Il faudrait revoir le principe des réserves. J’espère que les effectifs seront mieux gérés par la suite. »

Crédit Photo : Kader Khedaim

La rédaction de www.justesoccer.com

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