Les clubs québécois renoncent à leur droit de formation pour l’avenir de leurs joueurs

Une loi stipule que les clubs ayant participé à la formation d’un joueur signant professionnel peuvent toucher leur part du gâteau. Mais une nouvelle manière de fonctionner est apparue récemment au Québec : la demande aux clubs de simplement renoncer à ce droit afin que le joueur puisse coûter moins cher à l’achat et, ainsi, le rendre plus compétitif sur le marché des transferts. Elmehdi Taha, directeur technique des Braves d’Ahuntsic, raconte ce phénomère.

Cela existe depuis quelques années maintenant. « J’avais déjà signé une lettre de renonciation à Sébastien Breza », se souvient Elmehdi Taha. « Depuis, j’en ai signé plusieurs : un joueur qui devait signer en Belgique me l’a aussi demandée. Récemment, ce sont quatre de mes joueurs 2004 qui m’ont contacté pour la faire. Je ne refuse jamais, pour l’avenir du jeune. » Ce « grand service » que l’éducateur rend à ces anciens protégés est de renoncer totalement aux droits de formation que le club serait autorisé à réclamer en cas de signature dans un club professionnel. Selon la loi, l’indemnité peut s’échelonner de 10 000 à plus de 100 000 $!

Fornateur dans l’âme, Elmehdi Taha refuse d’être un obstacle à la réalisation du rêve du jeune : « C’est compliqué, résume le dirigeant. Il faut donner l’opportunité au joueur mais on aimerait que des clauses soient stipulées au moment de s’engager dans notre club. C’est un phénomène un peu nouveau au Québec et ce serait une bonne chose si la fédération pouvait nous amener des éclaircissements à ce sujet. Quand un jeune signe au CF Montréal, un club professionnel, la reconnaissance de notre travail commence à être appréciée et valorisée. Parfois, on reçoit une lettre de remerciements, mais on aimerait plus. Les clubs cherchent l’argent, et même si nous sommes d’abord contents pour le joueur, il est normal que le club formateur ait sa part. »

Julien Dubois

Autres articles intéressant

Le CS Roussillon veut garder et valoriser ses jeunes à travers une licence provinciale
AS Gatineau – Braves d’Ahuntsic : un match en deux actes sans fin
Le CF Montréal U23 à son rythme contre le CS Lanaudière-Nord