Agents de joueurs : Le meilleur du pire au Québec

Les agents de joueurs ont investi le paysage du soccer canadien et québécois. Au service du joueur à la base, certains ont poussé les pratiques bien au-delà pour penser d’abord voire uniquement à leur intérêt personnel. Présent depuis 2016, Justesoccer a opéré une rétrospective du pire en matière d’agent qu’il nous a été donné de croiser.

« Et mon droit à l’image? » – Justesoccer couvre la CPL et utilise des photos de joueurs avec l’autorisation de la Canadian Premier League, propriétaire des droits.
Un matin, mail reçu : « Pourquoi vous publiez une image de mon joueur sans ma permission? J’ai un droit à l’image en tant qu’agent. »
Essayez de gratter un billet parce qu’on parle de son joueur? Promis, on n’est pas prêt d’en reparler. Pour votre droit à l’image, voyez avec la Canadian Premier League. Après enquête, le quêteur est juste un intermédiaire et travaille pour le véritable agent. Bref, rien à voir avec le droit à l’image mais bien essayé!

« L’essai payant » – Plus vicieux : s’attaquer à un jeune de 15 ans.
Lui faire miroiter un essai contre une équipe du centre de formation d’un club professionnel européen et la possibilité d’être repéré par les éducateurs.
Seule obligation : 10 000$ pour financer le voyage, le logement et la nourriture (et la commission quand même pour service rendu).
Résultat : Le jeune a joué contre des équipes régionales de la ville. Personne n’a rien vu, de toute façon aucun recruteur n’était présent. De plus, un jeune de moins de 18 ans ne peut pas jouer officiellement en Europe s’il n’a pas de nationalité européenne. Retour au Québec. Bon, c’était une semaine de vacances (à 10 000$, certes).

« Aidez-moi! » – L’agent voit le talent d’un joueur québécois et lui dit : « Pourquoi tu ne tentes pas ta chance en Europe? Tu as le potentiel! » Faire financer le voyage par le jeune qui trouve finalement un club de niveau 4 national (C’est pas mal mais ça ne le fait pas financièrement). Quelques semaines plus tard, le jeune entraîne deux équipes de jeunes du club pour vivre et demande à son entourage de l’aider via un « GoFundMe! » pour financer son quotidien. L’agent nous explique ensuite que c’est à deux doigts de la réalisation d’un rêve… (culotté quand même)

« L’auberge espagnole » – L’agent trouve un essai en Europe dans un championnat mineur pour un jeune prometteur. Bon, il faut financer le voyage mais le loyer n’est vraiment pas cher. Finalement, le joueur se retrouve dans une maison délabrée avec plusieurs autres joueurs. Et pour manger ou se déplacer au stade voire dans d’autres clubs? Euh… bon, c’est la débrouille là. Payer le transport en commun ou frauder. En tout cas, silence radio de l’agent.

« Le joueur sponsor » – Annoncer à des jeunes qu’ils peuvent faire un essai dans un club professionnel européen. L’agent choisit les « heureux élus » dont un qui n’a pas du tout le niveau. Tous paient la même somme d’argent (bon…) , dont celui qui n’a pas grand-chose à faire là. D’ailleurs, c’est à peine si on s’occupe de lui. Mais son investissement permet de financer davantage le voyage. Ah les économies d’échelle… Astucieux!

Pour finir, nous rappelons aux joueurs ainsi qu’aux parents, qu’un véritable agent ne vous demandera jamais d’argent. Il prendra tout en charge (ou bien le club intéressé) et se souciera aussi de l’école et des conditions de vie.

Julien Dubois

 

 

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