Fabien Cottin : « Évelyne Viens connait la valeur du travail »

Les premières minutes d’Évelyne Viens sous le maillot national ces derniers jours ne sont pas passées inaperçues. À 24 ans, la joueuse de la Ville de Québec représente toute une province à la Shebelieves cup actuellement. Après être entrée en jeu contre les États-Unis et l’Argentine, la buteuse pourrait bien encore grappiller du temps de jeu demain face au Brésil. Fabien Cottin, son entraîneur de U15 à U18, revient sur le développement d’un talent officiellement reconnu.

Fabien, comment avez-vous rencontré Évelyne?

J’étais entraîneur à la Haute-St-Charles et on la connaissait déjà lorsqu’elle jouait au Mistral Laurentien. Elle évoluait surclassée et devait performer en permanence pour que son équipe soit au niveau. Je lui ai donc présenté un projet collectif qui l’a finalement intéressée. Elle est revenue dans sa catégorie d’âge en U15 la saison suivante et cela lui a fait un bien fou. Elle n’avait plus cette pression sur les épaules de porter l’équipe à elle seule.

Qu’avait-elle de plus que les autres?

Son potentiel était indéniable mais on ne pouvait pas présager du niveau auquel elle allait évoluer. Son sens du but, sa vitesse, sa capacité à faire la dernière passe, son habileté pied droit et pied gauche… À 15 ans, elle avait le profil de la joueuse de haut niveau. L’inconnu résidait dans son attitude. Je croise bien souvent des joueuses talentueuses mais toutes ne parviennent pas à gravir les échelons. Évelyne détient cette capacité à écouter les conseils et à les mettre en oeuvre. Elle s’est toujours bien entraînée et connait la valeur du travail.

Comment cela s’est-il matérialisé?

On lui a transmis l’envie d’aller le plus haut possible. Elle a compris que des sacrifices et énormément de travail étaient nécessaires pour y parvenir. Lorsqu’elle a franchi le pas pour rejoindre les universités américaines, j’ai compris qu’elle était prête à entreprendre tout ce qu’exige le chemin vers l’atteinte du haut niveau. Ce n’est pas évident d’y aller, il faut sortir de sa zone de confort. Lorsqu’elle est revenue quelques mois au Québec, j’avais senti une évolution dans sa mentalité : elle avait la gagne qu’ont souvent les Américaines. Après, tout a déboulé jusqu’à son prêt à Paris grâce à son travail, sa volonté et son talent.

Avez-vous regardé ses prestations contre les États-Unis et l’Argentine?

J’ai vu des extraits effectivement. On attendait sa sélection depuis un moment et c’est complétement mérité. Cela arrive à un bon moment pour elle car elle est confiante et a gagné en maturité. Elle est mieux armée aujourd’hui pour se faire une place dans l’effectif.

Dans quels domaines doit-elle encore progresser?

J’ai l’habitude de dire qu’on peut encore progresser partout même concernant nos points forts. Évelyne a acquis beaucoup de choses ces dernières années. À chaque changement de niveau, la vitesse de jeu augmente. Elle a su s’adapter et engrangera encore de l’expérience supplémentaire avec les matchs internationaux.

Évelyne est-elle le porte-étendard du Québec dans cette sélection?

Oui mais elle est surtout l’exemple parfait du développement tardif. Elle n’a jamais été sélectionné ni pour les équipes du Québec ni pour le CNHP. Soccer Canada prouve que même si une joueuse ne passe pas par le chemin standard, elle a quand même la possibilité de se hisser jusqu’en équipe nationale. Le sélectionneur a montré qu’il donnait la chance aux meilleures joueuses du moment.

Que peut-on lui souhaiter désormais?

J’appelle cela les « cinq premières ». Elle a eu sa première sélection et sa première victoire (contre l’Argentine 1-0). Maintenant, elle peut espérer sa première titularisation, son premier but et pourquoi pas son premier titre. Elle a encore de belles choses à vivre et elle sait que rien n’est définitivement acquis.

Canada – Brésil, mercredi 16h sur Fox Sports 1

Propos recueillis par www.justesoccer.com

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