Ansu Keita (Liberia U15 et U17) : « Je suis fier de dire que le Québec m’a formé »

Ansu Keita est sélectionneur des équipes U15 et U17 du Liberia. Un destin qu’il a en partie forcé et le poussant à transmettre un message aux entraîneurs québécois : « Expatriez-vous! »

Il a quitté son Liberia natal alors en guerre pour grandir en Guinée. « Je figurais parmi les meilleurs adolescents du pays alors je suis parti tenter ma chance au Maroc, à l’Olympique Club Khouribga avant de retourner au pays. » Sa persévérance lui a permis tout de même d’entrer dans le monde professionnel à Getafe en Espagne puis à Châteauroux, en France : « Les blessures ont eu raison de ma carrière, j’ai dû arrêter à 20 ans, regrette Ansu Keita. J’ai donc rejoint ma femme au Québec qui était étudiante à Montréal. J’ai rejoué avec la ligue africaine et parallèlement ai entraîné au FS Salaberry. » Passer sur le banc n’a pas été très compliqué en soi : « J’ai toujours entraîné! sourit-il. Je m’amusais déjà à coacher les enfants du quartier en Guinée! »

Nous sommes aux environs de 2009 et l’heure est au passage de diplôme : « J’ai pu obtenir le DEP grâce à mon passé de joueur professionnel, explique le technicien. Mais ensuite, j’ai raté ma licence B pour un seul point! Il a fallu s’accrocher mentalement pour tenter ma chance à nouveau et je l’ai finalement obtenu quelque temps après. » Pendant ce temps, il remporte la coupe Ontario/Québec avec les U17 et les U18 du FS Salaberry.  Son expérience et les résultats lui permettent de gravir les échelons pour devenir directeur technique du FSS puis de l’académie du PSG et enfin de l’académie de la FFF. Mais le Libéria restait dans le décor : « Je suis parti dans mon pays pour encadrer des U15 et participer à la formation de coachs liberiens. Mon objectif est d’aider mon pays à se développer. Avant mon arrivée, la formation des jeunes était inexistante. Le talent est là, mais il dort. Beaucoup de jeunes rêvent de devenir professionnels. Par passion, mais aussi pour aider leur communauté à sortir de la pauvreté. »

Ses sessions de formation se font remarquer par la fédération libérienne au point qu’elle lui propose d’encadrer les U15 et les U17 masculins : « J’ai créé ma propre philosophie bâtie sur la possession de la balle et le renfort technique, assure le coach. Nous nous préparons actuellement pour disputer les qualifications de la WAFU (West African Football Union) qui, en cas de victoire, nous permettront de disputer la Coupe d’Afrique, un passage pouvant accéder à la Coupe du Monde U17! » Un vent d’espoir est né pour cette équipe qui rivalise avec des adultes : « On bat même des équipes de première division libérienne! »

Ce début d’aventure a changé la carrière d’Ansu Keita : « Au Liberia, j’ai les mêmes égards qu’un coach étranger et professionnel, souligne-t-il. Là-bas, je suis considéré comme un Québécois et je suis fier de dire que le Québec m’a formé. Je souhaite au passage remercier la Fédération et Éric Leroy de m’avoir encouragé lors des moments difficiles. Et je souhaite dire aux autres techniciens de la province de ne pas hésiter : vous pouvez partir de Salaberry à Laval pour aller à Longueuil ou autre. Mais vous ferez un pas en avant en vous expatriant! »

Julien Dubois

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